samedi 17 octobre 2015

Pour ces deux là

Par Franc Laplante
17 octobre 2015

Ils sont probablement couchés. Le plus vieux ne doit pas dormir. Il dormira peu et mal. Son jeune frère ne comprend probablement pas vraiment. Il sommeille étrangement comme seul le peuvent les enfants encore incapable de croire que ce monde peut être cruel.

Ce sont 2 garçons, environ 4 et 7ans. 7 ans, c’est l’âge où j’ai vécu la même chose mais personne n’avait rien annoncé, j’ai compris difficilement sur l’espace de plusieurs semaines.

Comme des centaines d’enfants le vivront au Québec cette année, ce soir, leurs parents leurs annonçaient qu’ils se séparent. Papa ne vivra plus avec maman. Elle garde la maison, il s’en va. Ils le verront souvent, le plus souvent possible. Ça veut dire quoi, ils ne peuvent pas en avoir la moindre idée. Peut-être le plus vieux a des amis dans cette situation, lui, il voit venir sur lui des ombres, des images qui lui font peur.

Je devrais vous parler des élections de lundi, du sort, pathétique, du Canada, coincé entre la Bourse du Carbone, l’endettement débile qui fait saliver un fils à papa et le Partenariat Trans Pacifique (PTP) qui risque de saboter notre société. Oui, il va falloir que je vote pour Patof car Harper prend des risques trop grand à mon goût mais je sais que ni Mulcair, ni Justin ne pourront vraiment faire marche arrière sur le PTP. C’est le moins pire des scénarios, mais eux ils vont rajouter les autres parasites sur notre économie (dettes, et Bourse du Carbone), sans compter des changements sociaux délirants et irresponsables. Dans 10 ans, dans 15 ans, si personne ne rebrousse chemin, que nous restera-t-il ? Pendant que le climat, préoccupation bidon par excellence, sera tout aussi insensible à nos pauvres activités.

Mais voilà. Vous voterez. C’est déjà ça. Et je conserve des espoirs plutôt que d’accepter le désespoir. C’est un choix. C’est le mien.

Et ce sont des espoirs, malgré tout, que je voudrais transmettre à ces 2 jeunes garçons, au travers de l’espace temps.

Oui, bien sûr, je prie pour eux. J’y crois.

Mais je prie au milieu d’une colère sourde. Car ce déchirement est évitable. Il n’y a pas d’excuses.

Je sais que j’aurai sur le dos tous les bien-pensants de cette époque ridicule qui s’alimente à la rhétorique la plus faible et la plus gauche depuis des siècles. Ce siècle ne pense plus. Ceux qui lui donnent le ton sont des carcasses vides qui ne laissent même pas siffler le vent décemment. Les psys, les sociologues, les thérapeutes, les courriéristes du cœur et les spécialistes du comportement humain rejoindront les ténors des média, de l’entertainment et lady Gaga elle-même, pour défendre les victimes de ce drame! À leurs yeux, les victimes ce sont ces individus qui se séparent…  

Ah! Que leur bonheur est important. Ah! Que leur souffrance est grande ! Ah! Que pouvaient-ils faire, puisque tout était contre eux ?! Leur éducation. Leurs attentes devant la vie. Leur épanouissement comme homme ou femme. Leur libido. Leur estime d’eux-mêmes. Leur diète, leur santé reproductive, leur compte en banque ou bien sûr leur carrière. Ah! Pauvres eux. Ils ont tellement souffert. Et on le sait bien, des enfants ne peuvent pas être heureux dans un couple où on se dispute … Tant que le couple tient à se disputer, égoïstement, bien sûr …!

De toute façon toutes les études le montrent : le divorce ça ne pénalise pas les enfants. Refaites votre vie. Sortez vos ailes. Retournez au soleil. Ouais. Il y a des tonnes de gens qui font fortune à nous vendre cette pourriture.

J’ai été cet enfant de 7 ans, le plus vieux de 2 frères. Entourés de tout le bataclan, même dans ma famille il y allait avoir du support professionnel et humain, et une batterie de suivis de tout acabit pour me garder sain et fonctionnel. Aujourd’hui à 60 ans, je n’ai qu’une chose à dire : Bullshit!

Dans mon cas, mon père ne voulait rien savoir, ma mère aurait été prête à bien des choses pour garder notre famille ensemble. Ses propres frères et sœurs l’ont trahie, conduits par ces têtes brillantes, sociologues et consort. Mon père, un gars subtil, a gagné et a passé sa vie à essayer de nous convaincre que c’était inévitable. Mensonge. J’en suis convaincu.

Mais surtout, ce que je veux dire, c’est ce courant glacial, cette rivière froide, qui vous emporte au moment où vous réalisez ce qui arrive. Tout bascule. Tout. La beauté du monde, la chaleur de votre maison, qui meurt, à jamais. Ces deux individus, qui étaient vos parents, votre nid, votre fondement, votre assurance contre tout, votre promesse de vie et de bonheur, deviennent 2 individus incapables de vous protéger de quoi que ce soit. On ne voudra pas m’entendre, on jurera le contraire. Pourtant c’est l’inéluctable vérité. Je sais, ça vous enrage de lire de tels propos. Vous me passeriez au moulin à viande. Mais je vous le dis, c’est vous qui avez tort.

Car, ce que l’enfant réalise, rapidement comme un choc, c’est que ces matins où il voyait ses parents prendre leur café ensemble ou s’affairer tranquillement autour de la maison, ces petites sorties simples, au dépanneur ou dans la parenté ou au cinéma ou au parc, ces Noël ou ils étaient tous ensemble à regarder la neige qui tombait dehors par la fenêtre, ces matins d’été où on se chicanait dans l’auto en partant en vacances, tous ces moments de proximité qui disaient doucement ce qu’était la vie et ce qu’elle pouvait être de bon, tous ces moments sont des trésors perdus, inaccessibles, à jamais. Ils n’ont pas de prix. Ils ne peuvent pas être remplacés. Ils ne le seront pas, d’aucune façon, peut importe les efforts et l’argent que vous y mettrez. 

Vous venez, vous les parents, de tout gâcher. C’est votre choix, c’est votre faute, ce sera votre fardeau.

Et le leur, à ces enfants, ce sera de lutter, s’ils le choisissent, pour croire que l’existence n’est pas perfide et trompeuse, qu’elle peut être autre chose que cruelle, sans pitié.

Ou peut-être seront-ils comme moi, au début de l’âge adulte, désabusé de tout, incrédule devant tout, démotivé devant tout, riant macabrement devant l’absurdité de l’existence mais surtout de ce que leur société m’offrait comme perspective : être le meilleur, pour absolument aucune raison, au milieu du hasard le plus brutal qui soit et pour disparaître finalement dans l’indifférence universelle. C’était logique.

Et je vous en passe un papier, je savais comment avoir l’air « normal », il fallait m’adapter car on me mitonnait de psychosociologie et d’encadrement (ça crée bien des jobs) à en vomir. Je connaissais mon script et j’étais bon là-dedans. J’étais une véritable petite réussite et j’ai sûrement figuré à ce titre dans leurs statistiques et leurs rapports enthousiastes où ils s’auto congratulaient de leur stupéfiante maîtrise de l’esprit humain. Moi, j’étais caché, loin, profondément derrière des forteresses d’artifices et de petits tours de chiens de cirque, réagissant au quart de tour faisant croire à la plus pure spontanéité. On m’avait laissé seul. Personne ne pouvait plus me rejoindre. Et ce que j’allais faire de ma vie, ha, ça pouvait tourner sur un dix cennes, ça n’avait plus la moindre importance.

Comment je me suis rendu à 60 ans ? Simple.

J’ai fini par comprendre qu’ils avaient torts, que c’était le risque et la conséquence de la liberté humaine, soit détruire celle des autres. J’ai fini par voir par un véritable miracle, que la beauté du monde venait d’ailleurs, d’un vrai Père, qui Lui ne me lâcherait jamais. Et Il a tenu parole, que ça vous enrage ou non. Il a tenu parole.

Mais vous, ici, qui croyez « assumer » vos décisions et « agir rationnellement », je vous assure que peu importe ce que vous direz, peu importe ce que vous promettrez à ces enfants que vous trahissez ou à vous-mêmes, c’est eux qui vont payer. Et vous, pauvres fous, vous n’obtiendrez rien de que vous pensez retrouver ou gagner.

Probablement qu’aucun de vos proches ne vous dirait ça en face. Ils vont probablement vous dire ce que vous voulez entendre et en fait vous mentir en pleine face, parce que beaucoup savent très bien que ce que j’écris ici est vrai.

Je vous le garantis, on ne rebâtis pas sa vie. C’est faux. Les investissements que vous avez faits, ces années passées à bâtir une famille, ne pourront jamais être repris, réinvestis ailleurs. En vérité, c’est comme ça. Le mieux c’est de les faire fructifier à l’endroit où ils ont été faits : dans ce couple que vous sabordez.

Et eux, les enfants, vous voulez croire que vous ne voulez pas les faire souffrir mais vous savez qu’ils vont payer le gros prix. Votre confiance en la vie, c’est peut-être vos parents qui vous l’ont donné et vous leur refusez ce don irremplaçable. Peut-être aussi avez-vous grandi dans une famille brisée (c’est le mot), alors vous devriez savoir ce que vous leur arrachez du cœur. Voulez-vous vous venger ? Est-ce à eux de payer ? Même s’il n’y avait qu’eux qui puisse être heureux et que vous deviez en pâtir, laissez-moi vous dire que votre bonheur à vous il serait là, à rester debout, rester un parent et une famille, pour eux.

La famille, le couple, ça n’a jamais été pensé pour donner un lit légal à nos chers accouplements. Une grange passagère suffit ou la banquette arrière d’une minoune … ! La famille ça existe pour eux, les enfants. Pour leur apprendre la vie et le bonheur. Pour leur donner cette capacité d’être heureux et de penser correctement. Rien ne peut remplacer ça.

« Ça prend un village pour élever un enfant … » Ouais. C’est pour ça qu’on les retrouve dans les vidanges ou gelés sur des perrons. Ben efficace le village !

Pendant que la famille, simple et efficace, son véritable succès ne souffre ni de la pauvreté, de quelques engeulades ou de quelques imperfections que nous aurions. Ça fait parti du menu, ce n’est pas l’important. L’important, c’est que vous vous teniez debout pour eux et que vous aimiez le conjoint que vous avez choisi et qui est l’autre parent. Vous êtes unis : Aimez-vous !

La phrase la plus lugubre et la plus sinistre que j’ai entendu : « Je ne t’aimes plus. Je ne t’ai jamais aimé ». C’est un « Cut and Paste » dans tous les dossiers de divorce. Quelle merde !

Si quelqu’un vous dis ça, vous pouvez être sûr d’une chose : il ment.

Pensez-y bien. Et peut-être réfléchissez sur cette idée que l’amour c’est un acte, un engagement plus qu’une émotion, une attention et surtout le respect profond et sincère que vous devez à votre conjoint. Le jour où vous cessez de respecter votre conjoint, c’est le jour où vous commencez à avoir tort. Vous bâtirez alors un château de carte dans votre tête qui vous conduira à tourner le dos à votre propre bonheur. J’ai bien de la misère à croire que quelqu’un peut choisir d’avoir des enfants avec quelqu’un sans aimer l’autre. Et aujourd’hui, on choisit d’avoir des enfants, les exceptions sont rares.

Oui, il y a la violence conjugale, les individus méchants, trompeurs, violents, malhonnêtes. Ça, c’est autre chose et ce n’est pas si fréquent, mais bien sûr c’est intolérable et je crois que les enfants dans ces situations vivent alors déjà un traumatisme profond, les sortir de là est ce qu’il y a de mieux. Mais pour 98% des divorces au Québec, les conjoints vont se retrouver sur les sites de rencontres dans le temps de le dire et se présenter comme des gens aimables et équilibrés. Ce qu’ils sont. Tous les deux.

Alors, pourquoi cette mascarade d’inévitabilité. Cessez cette querelle futile et cruelle. Soyez des adultes responsables et surtout protégez vaillamment le bonheur de vos enfants. C’est ce que vous pouvez leur donner de plus précieux. C’est irremplaçable. Personne d’autre que vous ne peut le faire.

Et je vous le dis, à la fin de votre vie vous verrez :
« ….l’important c’est pas ce qui reste
c’est ce que l’on a donné. »

Franc Laplante

mercredi 3 juin 2015

Merci Corey Crawford

Par Franc Laplante
3 juin 2015

C’est la coupe Stanley. Ceux qui me liraient de l’Europe, France, Belgique, Suisse ou d’ailleurs qu’en Amérique du Nord, je vous le dis sans méchanceté aucune, vous ne pouvez pas avoir la moindre idée. Vous me parlerez du Mundial ou du (défunt) GP de France, des 24h du Mans ou du championnat mondial/Olympique de Hockey même. Na. Désolé. Tous ces autres évènements sportifs sont gigantesques, prenants, passionnants, mythiques mêmes, oui, sans hésitations. Mais la Coupe, … c’est LA Coupe.

Et je ne prétends pas que le monde entier vibre au même diapason. Peut-être certains peuples, ou une part de ceux-ci vont-ils, encore plus grâce à Internet d’ailleurs (http://www.cbc.ca/sports/hockey/nhl Hockey Night in Canada, pour voir les parties en direct, gratis …), participer à la transe où la considérer avec plus de détachement, de loin. D’ailleurs, admettons que c’est à peine si les États-Unis, lieu même de ces parties de hockey, a conscience de l’évènement. Une part seulement de sa population y prend intérêt. Non, il s’agit du Canada, il faut l’admettre. Aucune des équipes de cette finale 2015 ne représente une ville canadienne, mais les équipes de Tampa Bay et Chicago vont avoir un auditoire fiévreux passionné ici au Québec et ailleurs dans le ROC. Oui, une part qui diminue, mais une grande part quand même de ces joueurs vient du Canada, y est née ou y a joué en transit des pays de l’Est ou même des États. Le repêchage, le gros, considère en majeure partie des joueurs provenant des ligues junior canadiennes. L’argent du Hockey de la NHL (National Hockey League) vient et se fait ailleurs mais le « show » a une teinte canadienne indélébile.

Et cette teinte nous représente plus qu’on ne le voudrait sans doute. Elle reflète même, fortement, le nationalisme québécois, un élément que des étrangers remarqueront mais que nous ne voyons plus. Et paradoxe, en même temps qu’on y reconnait le nationalisme et le particularisme du Québec et de son origine, on y voit bien le nationalisme canadien, sa dualité fondatrice (anglais-français) mais aussi son multiculturalisme quand des noms définitivement étrangers se distinguent sur la glace et qu’on sait qu’ils sont nés ici de parents immigrants. On pourrait pratiquement dire que le hockey de la NHL, c’est le Canada dans sa réalité. On va dire que j’exagère, que je dérape. En tout cas, c’est une proposition.

La coupe Stanley, un 4 de 7 entre les finalistes de la ligue nationale (NHL ), après une saison de 80 matches et des séries éliminatoires entre les 16 meilleures équipes. Une partie de hockey, c’est un exercice épuisant. Et pour la majorité de ceux qui prennent contact avec ce sport pour la première fois ou qui en entendent parler de loin, ce sera l’exigence physique et les risques de blessures qui retiendront l’attention. Un joueur peut atteindre 30 km/hr et plus en patin, s’il rencontre un opposant qui évolue en sens contraire à la même vitesse, c’est l’équivalent du choc d’un cycliste qui frappe le sol entre 60 et 80 km/hr … Et il faut se relever pour poursuire le jeu au plus tôt ou se rendre au banc pour se faire remplacer. Pas évident. Il y a les patins, il y a les bâtons, il y a la rondelle projetée à plus de 100 km/hr, il y a les bandes. Les amateurs de hockey connaissent très bien la liste des blessures possibles dépendant des situations. Souvent ils les connaissent pour avoir joué eux-mêmes et s’être blessé ou avoir vu leurs copains y goûter.

Tous ces risques sont-ils utiles, ont-ils un sens ?

Pour ma part, et j’ai peut-être tort, je n’ai qu’une seule réponse : essaie pour voir, tu m’en reparleras.

On grandi entouré du hockey, ici au Québec. On en parle même l’été, on joue même l’été (avec une balle sur une surface dure ou dans sur des glaces d’arénas). Dès que tu parles et que tu prends conscience du monde, tu te retrouves avec un bâton dans les mains et les mononcles te lancent la « puck » (rondelle) : Envoye, envoye, frappe dessus ! Tu les vois, les samedis soirs, entassés autour de la télé, une bière à la main, devenir de vrais démoniaques, visages tendus, exclamations, se lèvent brusquement, sautent, tapent sur le divan ou la lampe ou le mur, hurlent, de dépit ou de joie. Sur un but (du bond bord s’entend), une joie, une euphorie triomphante, une exaltation mystique qui participe à tout ce qui semble essentiel (du moins à ce moment) dans l’univers. Après ça le déluge ! Kill me now !

Donc, c’est vrai, la plus grande partie du monde, ne participe pas à ce délire, et beaucoup croient vivre quelque chose d’équivalent, et même largement supérieur, lorsqu’ils vivent le Mundial du foot, mais, Na. Et comprenez moi, je sais qu’on se bat (et qu’on se tue) dans les estrades de foot, que la fierté nationale (ou continentale) est en jeu, à tous les 4 ans, que même le Pape en parlera. Je sais, c’est gros et peut-être même plus.

Mais non, l’électricité n’est pas la même, la « vitesse » n’est pas la même, le défi, l’habileté, la stratégie, le génie n’est pas le même. Quant au baseball, même au football américain (ce qui vient en 2e position derrière le hockey pour moi), c’est fascinant et prenant mais quand tu es né dans le hockey, tu deviens comme insensible.

Et je parlais des risques et d’une justification. Il y en a peut-être une autre, importante.

Le hockey, certains n’y voient que de la lutte, un pugilat sur patin. Pour le canadien et le québécois pure laine, y compris le Cardinal Ouellet (qui rirait de me lire), ce qui se rapproche le plus du hockey, ce sont les Échecs. Hu!

Le hockey, c’est une partie d’échecs où les pièces prennent vie et sont capables de créativité. Essentiellement. Et le facteur vitesse vient, un peu comme dans ces parties d’échec avec limite de temps, bouleverser l’affrontement stratégique. Il faut que tu penses et que tu penses vite, mais aussi que tu réussisses à exécuter ce que tu as dans ta tête. Et parfois, il y a des jeux mythiques, surréalistes. Ces buts en «overtime » dans un 7e match de série, c’est dur à battre. Parfois, ça vient d’un jeu banal, d’un presque accident, mais d’autres fois c’est purement et essentiellement épique et j’en ai déjà à l’esprit. Et ces « arrêts clés »: un but certain s’annonce, le gardien n’a plus de chance, le but est pratiquement ouvert et d’un bout du bâton, du bout de la jambière, étiré au max, en déséquilibre, le geste garroché qui va dévier ou arrêter le cataclysme, refuser la fin d’une saison et permettre une victoire à l’arrachée.


On peut bien en « scrapper » des lampes de salon au Québec, on s’en fout.

J’étais au CEGEP lors de la série du siècle, 1972, Canada-Russie. Vous vous renseignerez (NETFLIX a un bon documentaire, Summit on Ice). Le reste du monde n’a probablement eu aucune conscience de tout cela, mais ceux qui l’ont vécu s’en souviennent. J’ai rencontré des fans qui avaient fait le voyage en Russie pour les parties là-bas, un exploit en soi à cette époque de la guerre froide (on l’oublie). L’après-midi (heure du Québec) de la partie finale, qui allait décider de tout, je peux vous assurer qu’à la troisième période, tout le monde était devant une télé ou à coté d’une radio. Personne ne travaillait. Pas de cours au CEGEP, tout le monde suivait le match où il pouvait, tout mélangé, les profs, les concierges, les directeurs, les étudiants, empilés un peu partout. Aucun congé n’avait été autorisé, les gens avaient juste tout arrêté, un climat de fin du monde. C’était serré, mais après un retour dans la série, après s’être fait décimer par les russes sur les patinoires canadiennes devant leurs fans, l’équipe canadienne avait trouvé une détermination et une solidarité qui venait des tréfonds et, francophones ou anglophones, de descendance italienne ou british, toutes leurs trippes étaient dans le jeu. Vraiment un sommet. Malgré tout ça, ils allaient perdre. Mais un but pouvait faire la différence.

À 34 secondes de la fin (!!), Paul Henderson, un joueur peu reconnu mais un vrai hockeyeur jusqu’au fond de l’âme, réussit à battre le gardien russe, Vladimir Tretiak, titanesque, de plein droit un monument du hockey international (et un vrai russe, disons-le). Henderson réussit, par pure détermination je dirais, à la suite d’efforts tout aussi remarquables d’Yvan Cournoyer et de Phil Esposito (qui a probablement été le meilleur des siens dans cette série).

J’étais dans une salle commune de la résidence du CEGEP, assis par terre dans une mer de monde bigarrée. Un seul battement de cœur, une seule conscience aurait-on dit, connecté, soudé dans une intensité que je n’ai jamais revue depuis, nulle part. Puis ce but, mais comme pressenti, inévitable, ordonné de l’au-delà, le destin. Comment expliquer ? Nous étions tous, tous, sans exceptions, derrière le bâton d’Henderson, poussant sur ses patins, dans ses jambes le relevant de sa chute derrière le but. Il était nous, nous étions lui. C’était lumineux. Et puis, oui, ce but. L’explosion nucléaire, debout, dans les bras de n’importe qui, hurlant, pleurant, heureux, accompli. All is right with the world ! This is our game ! This is still our game !

Je sais, c’est indéfendable. Mais ça situe peut-être un peu ce que le hockey peut être pour ces psychopathes que nous sommes. Et je crois que lorsque quelqu’un se fait gagner par ce jeu, qu’il soit américain, russe, tchèque, caucasien, noir, amérindien, il entre dans un autre monde. Un intérêt et une préoccupation commune le relie à la communauté du hockey, notre communauté, oserais-je dire, telle une confrérie monastique. Sérieux.

Donc, Corey Crawford, le gardien des Black Hawks, finalistes de l’ouest pour la coupe Stanley 2015, est interrogé le jour du premier match contre le Lightning de Tampa Bay, équipe respectable s’il en est. Et le voilà qui répond pendant 15 minutes aux questions des journalistes. Des américains, des canadiens anglais, des européens (slovaques, polonais, tchèques, russes (bien sûr), suisses, norvégiens, suédois, danois, finlandais, allemands …) et … des québécois. Car, on sait dans cette communauté, que le Québec existe. Étrange, mais c’est vrai.

Et Corey se fait demander ce qu’il pense de la série. Jeune il est déjà un gardien expérimenté, a déjà fait les séries, à gagné une coupe Stanley (2013). On lui demande d’où lui est venu cet intérêt pour le hockey : Patrick Roy. Corey vient de Montréal, Qc. Né en 1984, il a été fans des Canadiens dans une partie intéressante de leur histoire, suivant une période mythique (les années ’70 avec Lafleur, Cournoyer, Savard, Lapointe, …). Il a connu les confrontations Canadiens-Nordiques, le « but d’Alain Coté », le « Tigre » Bergeron, Lemaire, le froid calculateur qui livrait la marchandise. Etc.

Et on lui demande ce qu’il pense des déclarations faites sur les deux gardiens qui vont s’affronter, lui et Bishop. On lui demande en français, au milieu de cette mer indifférenciée de propos anglophones, la langue internationale qu’utiliseront les journalistes russes, allemands ou suédois. … et voilà Corey qui sort son français, immanquablement québécois, pour répondre en pleine diffusion internationale, sans gêne ni excuses, au journaliste francophone.

Scuzez, mais comment faire mieux. Ça dit tout.

On s’interroge, comme le souligne assidument (et justement) Matthieu Bock-Coté, sur notre identité et notre place, dans le monde et dans l’histoire. Sur la façon de l’assumer et de la manifester. Pourtant, tout est là, sans dilution, sans effets idiots, sans pathos, net fret sec, au complet. Serait-ce de la maturité ? Aurions-nous finalement résolu la quadrature du cercle, toutes ces longues années après 1760, un abandon cruel (un fait), une défaite qui n’en était pas une, une résilience frappante et reconnue (Toynbee), une inventivité et une créativité notable, une audace paradoxale qui émerge sans crier gare de dessous un effacement et un sens de l’autocritique dévastateur. Corey Crawford est anglophone, certes, mais il a vécu parmi nous et a eu des copains québécois et il sait qui nous sommes. Surtout il sait que nous sommes. Et il choisi de nous répondre dans notre langue, devant tous, alors qu’il avait toutes les excuses pour ne pas prendre la question ou y répondre en anglais, ce qui aurait été acceptable dans les circonstances, avouons-le.

Merci Corey. On va s’en souvenir.

Franc Laplante

PS : Et, je te la souhaite la Coupe !...


lundi 23 février 2015



Il neige dans leurs têtes ...

Franc Laplante
2015-02-23

Note supplémentaire du 24 mars 2015
Depuis la publication originale de mon texte, quelques articles dans différents média ont annoncé, prévisiblement, que 2014 avait été l'année la plus chaude enregistrée en plus d'un siècle et que janvier et février 2015 auraient étés les deuxièmes mois les plus chauds jamais enregistrés, même depuis la fin des années 1990. On cite la NASA comme source et on donne en référence une carte des températures enregistrées en surface (sol et surface des océans) pour les mois de janvier et février.

Je ferai une remarque , non pas par entêtement mais plutôt parce que je suis préoccupé par cette attitude de "garochage de certitudes", dans le genre "le débat est clos, seul les sceptiques inconscients incompétents et irresponsables peuvent encore nier l'évidence du Réchauffement Global". Je crois qu'il faut trouver le courage de présenter ses questionnements et ses commentaires contre le "terrorisme intellectuel" qu'on utilise pour faire taire toute dissension, méthode des plus inquiétantes en particulier quant on se réclame de la science.

Comme le fait remarquer André Pratte dans la Presse, présenter sans précautions les résultats d'un organisme particulier, même s'il s'agit de la NASA, pour une période si courte ne peut pas constituer un argument final, démontrant hors de tout doute une théorie aussi malmenée par les faits que l'a été le Réchauffement Global (rebaptisé en catastrophe "Changements Climatiques" en raison de la différence énorme entre les effets prévus par la théorie et les comportements climatiques constatés depuis 2000 en particulier). C'est la raison pour laquelle dans le présent bloque, je présente plus bas des résultats qui, bien que partiels encore, couvrent une grande période (450 000 ans) et permettent de mettre en perspective les variations actuelles et les causes qu'on propose. Je voudrais mentionner que ces résultats, couvrant l'Antartique, s'accordent à date avec d'autres relevés avec les même méthodes (O3) au Groendland dans les 2 dernières décennies.

Si on tient à considérer la question plus sérieusement, je suggérerais un article de FoxNews de 2010, retransmis par un "contre-média" qui pointe aussi vers des pistes alternatives, dont celle du Dr Dick Lindzen, PhD. climatologiste d'expérience du MIT, reconnu et crédible mais détesté par les partisans du GIEC / IPCC. Il me semble qu'un examen sérieux de la thèse des opposants fait partie d'une réflexion mesurée et utile. Je souligne aussi dans l'article de FoxNews, une carte provenant elle aussi de la NASA, mais dont on a peu entendu parler à ce moment (décembre 2010), qui montre des refroidissements marqués et assez généralisés sur le Globe pour cette période. Si on ajoute les mentions à propos des variations de couvert glaciaire pour l'Artique on comprend qu'il n'est pas évident de dégager des tendances claires et que les cas anecdotiques (certains glaciers, certains lacs, certains épisodes climatiques) doivent être considérés dans leur ensemble et surtout en regard de d'autres causes possibles que les GES, anthropiques ou pas.

Un autre texte que je suggère fortement de lire à ce sujet, L'Éloge du doute, un texte du Blog d'André Desrochers, PhD et professeur chercheur à l'Université Laval, expert de la modélisation et des écosystèmes. Ce qui me semble le plus important dans son propos, c'est sa remise en question de la compétence réelle du GIEC et de son processus, puis son refus d'admettre qu'il y a consensus sur les questions climatiques.

Je sais que je peux être sarcastique parfois, mais je tenterais d'excuser mon ton dans la mesure où il permettra peut-être de secouer l'apathie mentale ambiante, manipulée par l'un et l'autre. Si mon discours peut "ébranler la suffisance identitaire" d'une certaine pseudo-élite, sans compétence pertinente et mal informée de surcroît, je crois que mon manque occasionnel de courtoisie aura peut-être eu malgré tout un effet utile.



Je voulais écrire quelque chose sur la (dernière) réforme de l’éducation qui après plus d’une décennie d’application se trouve, très justement, critiquée. Pratiquement crucifiée, mais bon. J’y reviendrai. En attendant, même si je n’ai pas tout lu ce qu’ils ont pondu à ce sujet dernièrement, je ne peux que vous encourager à visiter « Pour une école libre » qui a toujours le commentaire meurtrier qui dégonfle régulièrement les « balounes » des négociants de diplômes et d’accréditations, métier en péril s’il en est.

Mais voilà, la démence urgente a ses exigences, un commentaire bien intentionné de MétéoMédia me fout en rogne profonde. On y explique le problème des autorités de Boston qui ne savent plus quoi faire avec la neige (sûrement causée par le réchauffement global …) et surtout avec les exigences bruyantes des environnementalistes qui refusent qu’on jette cette neige, sale et assassine, dans la mer, fragile et vulnérable. Sapristi, svp admettez que c’est du chamanisme déguisé et ne prétendez pas parler au nom de la science. Il y a des limites à tourner le dos à la logique tout en s’en réclamant.

Voici leurs arguments, tenez-vous bien :

a) Les contaminants (huiles, carburants, acides, bases et autres composés chimiques délavés, …) contenus dans la neige affecteraient irrémédiablement l’état de l’océan (voire de l’ensemble des océans de la planète puisqu’il ne s’agit que d’une grande Mare interconnecteé);

b) La salinité de l’océan pourrait être (irrémédiablement je suppose, pour qu’on fasse tout ce rafias …) affectée par l’introduction d’une « énorme » masse d’eau douce sous forme de neige;

c) L’océan pourrait être refroidi par l’ajout de neige … (eau gelée, je suppose qu’ils ont déduit ça tout seul).

« This is the gift that keeps on giving …! »

Afficher son ignorance de façon aussi déterminée dépasse ma compréhension. Je suis béat. Je fulmine, mais je suis béat.

Ai-je besoin de dire en quoi ces arguments ne sont pas pertinents (pour dire les choses avec le maximum de politesse dont je suis capable) ? J’ai l’impression d’insulter l’intelligence du lecteur en élaborant, mais je me dis que si MétéoMédia a jugé qu’il était « raisonnable » de faire écho à de telles inepties, il y a un besoin. Désolé pour les gens normaux, je vais procéder.

Gardons les choses simples, prenons une perspective minimale.

A ) Les contaminants

Si on considère la région de Boston, les conditions particulières de cet hiver demande des actions particulières. Jeter de la neige dans le port est inhabituel et risque de ne pas se répéter. 

Montréal, à titre d’exemple, a eu à faire face au fait qu’année après année le déversement de sa neige urbaine dans le fleuve pouvait finir par affecter celui-ci et, surtout, détruire des habitats aquatiques localement. Une question de volumes relatifs : la quantité de neige déversée en quelques mois, par période intense (tempêtes), qui va quand même générer en fondant un volume dix fois moins grand d’eau, vs le débit du fleuve à Montréal. Dans ce contexte, avant que les effets de dilution amènent quasi à rien les effets de concentration résiduelle, on peut générer des phénomènes locaux et transitoires indésirables. Bon, Montréal a posé un geste défendable en cherchant à gérer sa neige, récurrente et importante, de façon responsable.

Si Boston se retrouve, contrairement aux prédictions des gourous du Réchauffement, avec des précipitations de neige plus abondantes dans le prochain siècle, il sera toujours temps d’intervenir. En attendant, les effets des contaminants ajoutés par la neige dans la mer ne peuvent qu’être infimes et peut-être engendrer un problème temporaire pour des habitats fauniques dans le port (s’il en reste en santé raisonnable, ce qui est loin d’être clair : un port industriel, a un passé qui laisse des cicatrices majeures même si on a changé les pratiques depuis, mais ça reviendra si on continue dans la bonne voie).

Donc, l’effet des contaminants cet hiver à Boston, c’est de la foutaise. D’autre part, cet émoi est probablement causé par une grande ignorance de la nature des réseaux de ruissellements vers les cours d’eau. L’ensemble du territoire est continuellement lavé par les précipitations (pluie et neige) à longueur d’année. On a toutes les misères du monde à faire un traitement (très partiel) des eaux sanitaires (égouts) même dans les villes les mieux équipées (je suis sérieux), mais les eaux pluviales ne sont à peu près pas traitées dans l’ensemble du monde. Le seul filtre / traitement qui a une influence réelle sur ce qui arrivera à l’océan de toutes les eaux pluviales et de ruissellement en général, c’est l’ensemble des couverts végétaux et le sol lui-même, qui intercepte une quantité phénoménale de ce qui pourrait devenir un contaminant s’il se ramasse concentré dans un endroit. Les végétaux et le sol les recyclent en quantité astronomique : c’est la plus grande et la meilleure usine de traitement que nous ayons, celle qui nous donne les meilleurs résultats et de loin. Et des fois, je me dis que ça marche parce que, justement, nous n’y comprenons rien et qu’on ne s’en mêle pas… Enfin.


B) La salinité des océans serait affectée


Une image vaut mille mots. SVP, considérez la suivante provenant du World Ocean Atlas, reproduite par Wikipedia dans son article sur la salinité.



Les variations naturelles de salinité demandent des masses de matière soluble et des volumes d'eau gigantesques.  Prenez par exemple la contribution du fleuve saint-Laurent qui ajoute à l'océan 20% de l'eau douce produite sur la planète par les cycles athmosphériques.  Considérez aussi la contribution de la fonte des glaces artiques (ici illustrée en été pendant que la fonte antartique est stoppée parce que c'est l'hiver là-bas au même moment), immenses masses d'eau devenue douce par le gel.

La salinité moyenne dans les océans est estimée à 35 ppm, constituée de différents composées en solution dont le NaCl bien sûr en grande partie (contenu abondamment dans les fondants et déglaçants utilisés pour les chaussées l’hiver, donc abondant dans la neige déversée dans la mer à Boston), du magnésium, etc (vous verrez sur Wikipédia).

Deux choses notables.

La première, comment ces prétendus écologistes / environnementalistes peuvent-ils croire que la masse de neige qu’on déverse à Boston va influencer la salinité des océans ? Ça me dépasse. Un simple calcul mental permet de voir que les volumes ne se comparent pas. Il serait même impossible de détecter une variation de la salinité de l’eau du port de Boston due à des déversements de neige. Le port de Boston n’est même pas une larme dans l’Océan Atlantique. CQFD

Deux, il y a des variations naturelles de la salinité, bien représentées sur la figure ci-haut. Il s’agit de phénomènes impliquant des masses gigantesques d’eau et de matière soluble qui arrivent à un régime relativement stable (concentration localisée relativement stable pour une période donnée) dans chaque région où il est suivi. On note des concentrations plus faibles à l’embouchure des grands fleuves, évidemment, de même que des concentration faibles ou fortes qui pourraient être expliquées par les courants marins (qui sont tridimensionnels n’oubliez pas) et leurs fluctuations. Un sujet passionnant, vaste et largement ouvert pour la recherche. Les écolos de Boston n’ont pas une "vague" (Ha! Ha!) idée de quoi ils parlent.

En passant, notez la contribution constante (depuis des lunes) des masses de glace polaire qui par leur cycles d’accumulation (gel de l’eau de mer mais aussi contribution de l’air sous forme de neige et de condensat) et de dégel créent des zones de faible salinité, depuis que les humains ont mémoire. So much pour la catastrophe annoncée de la fonte des glaces des pôles, c’est un phénomène normal et millénaire. La fin du dernier âge glaciaire (env. 10 000 ans passées) a surement eu des effets titanesques sur la salinité et, bof, on est encore là.

Vous ne me pardonnerez sans doute pas l’inclusion des 2 figures qui suivent, qui donnent non seulement une idée de ce qu’on connait des âges glaciaires récurrents qu’aurait connus la terre, si on considère les mesures disponibles, mais aussi des variations cycliques de températures et (oh! Joie) des concentrations de CO2.

 Le réchauffement médiéval (autour de l’an 1000 de notre ère), honni par les gens de l’IPCC/GIEC parce qu’il fout en l’air leurs modèles et leurs mantras, est un épisode banal et blême comparé aux variations causées par ces cycles de glaciation. Évidemment, en voyant de telles données, le quidam moyen ne pourrait plus croire que les activités humaines causent les quelques aléas climatiques à la hausse (0,5 deg C, …peut-être) que nous avons constatés du milieu des années ’90 jusque vers 2005. Ça s’est stabilisé depuis, certains disent que ça se refroidit et à une très grande échelle se serait normal. 

Car on oublie toujours de  mentionner dans ces discussions que le système solaire (toutes planètes incluses, dont la terre) est en processus, inéluctable, de refroidissement. L'apport géothermique (volume terrestre en fusion sous une mince croute solidifiée et relativement froide, percée occasionnelement par l'activité volcanique) est en décroissance lui aussi inévitablement et l'avenir est froid qu'on le veuille ou non. 

Autrement dit, même si les Réchauffistes avaient raison, le trappage énergétique accru qui serait causé par les GES ne ferait qu'étaler sans retarder vraiment le refroidissesment éventuel.  Ce que j'essaie de dire c'est qu'il est impossible, à l'échelle planétaire (millions d'années), que nous causions un réchauffement croissant impossible à arrêter (un emballement de la machine climatique).  On ne peut pas sauver la planète, elle en a vu d'autres et en verra d'autres, nous ne sommes pas de taille dans ce jeu.  Au pire, s'il y a une influence humaine sur le climat récent, il ne causera qu'un sursaut, un adoucissement très temporaire de la pente descendante de la température de la Terre. 

Si on pouvait faire un zoom out sur les graphiques de températures présentés ci-dessous, passant de 450 000 ans à 4,5 millions d'années, on trouverait une courbe (exponentielle normalement) descendante et la partie présentée ici, avec ces dents de scie, ne constituerait qu'une suite de variation cycliques (harmoniques de systèmes) autour d'une tendance descendante imperceptible sur cet intervalle.

 Évidemment, l’IPCC, Radio-Canada et Barak Obama nous proclament annuellement, habituellement un peu après les fêtes, que l’année qui vient de se terminer a été la plus chaude jamais enregistrée (ce qui ne veut rien dire étant donné qu'on commence à peine à avoir des données potables sur le climat).  D'ailleurs, je voudrais bien savoir où. Au Canada, on a eu le maximun de neige au sol en 2008, le maximum de degré-jours de froid en 2014, mais rien n’y fait on nous sert le même refrain.  


Dans le graphe des températures, on peut noter à la fin, dans la période entre 50000 ans passés et notre époque (0) le creux de température qui correspond à la glaciation d'il y a 10 000ans.  On peut aussi noter que les températures actuelles sont loin des maximums connus dans le passé.  Quand au niveau de CO2, il a commencé à croitre, selon le cycle opérant dans le passé, dès après la glaciation d'il y a 10 000 ans, bien avant que les activités humaines puissent être mises en cause.


Il peut être intéressant de situer le volume de glace Artique d'il y 1000 ans (réchauffement médiéval, an 1000, colonisation du Groenland par les Vikings), qui bien qu'assez faible pour avoir permis des explorations (par la Chine entre autre) dans les eaux artiques, était plus élevé que les minimum historiques.  Le volume de glace actuel, qui inquiéte les partisants du Réchauffement Global, est encore plus élévé que celui d'il y a 1000 ans et les prédictions de sa disparition totale ne se confirment toujours pas.  Le volume de glace dans l'Antartique (illustré ici) est en croissance, ce qui serait inévitable et causé par des cycles naturels à très long terme, peu importe les mesures que nous prendrons comme collectivité. 
De toute façon ce qui est clair c’est que les activités humaines, toutes aussi condamnables et peu écologiques qu’elles soient, ne peuvent causer les variations, quand même subtiles, que nous avons connues à l’échelle planétaire. En faire une théorie et annoncer l’Apocalypse, c’est du délire. On devrait éloigner ces gens là des facultés de science au plus vite. Enfin.

C) L’ajout de neige va refroidir l’océan


 Là, j’avoue que je ne suis plus capable. Est-ce que j’ai besoin de commenter. Non. Bien sûr.

Si vous avez passé vos maths de 4ième année vous pouvez évaluer dans votre tête la différence des volumes impliqués. Notez que l’eau salée du port doit être autour de 4 deg C. La neige est à 0 deg. C et, comme je l’ai dit, elle va générer un volume d’eau dix fois plus petit que le volume de neige déchargé dans le port. Évaluez le volume d’eau dans le port (qui change d’ailleurs pratiquement entièrement avec chaque marée), celui des camions qui vont décharger durant l’intervalle d’une marée. Comment peut-on …

 Enfin. J’arrête ici.

Si ces gens-là, et ceux qui retransmettent leurs propos, ne sont pas en train de détruire entièrement leur crédibilité, je ne sais pas ce qui pourrait le faire. C’est la renonciation à la rigueur et à la rationalité. On est loin de la science, ce n’est même pas une question.

SVP réfléchissez. C’est plus important que de faire son jogging quotidien, … pour l’avenir de l’humanité.


Franc





dimanche 14 décembre 2014

Incroyable Noël!

 2014-12-12

Je réalise que pour plusieurs générations de Québécois, les moins de 40 ans je dirais, la fête de Noël constitue une étrange période. L’impact social de Noël au Québec est assez impressionnant et même dans l’ensemble du monde il est plus que notable. Géographiquement, Noël, comme phénomène, est en expansion. Je sais qu’on accueillera ma dernière remarque avec une incrédulité assurée. Pourtant, vérifiez, c’est vrai. La quantité de gens qui connaissent la période de Noël et qui en sont affectés ou en tiennent compte n’a jamais été aussi grande au niveau planétaire. Bon sang, nos décorations proviennent toutes de la Chine, quasi! Plus d’un milliard d’humains pour qui Noël n’avait aucun sens savent désormais, au moins, qu’il s’agit d’une fête importante au point de faire des dépenses particulières durant cette période.

Dire que Noël est surtout une fête commerciale c’est, en fait, irrémédiablement, reconnaître son importance globale. Il y a un gros marché parce que les gens veulent souligner et vivre cette célébration, telle qu’on la présente et la conçoit, peu importe son origine. Noël est donc un “hit” magistral. 

Cette élite suffisante que je vise souvent par mes propos, déteste Noël, celui de la masse, celui qui est vécu en réalité. L’esprit de Noël les énerve. Cet espèce d’enchantement irrationnel qui voudrait prétendre que tout ira bien en bout de ligne, qu’une fin heureuse attend chacun et que la grande fraternité humaine pourrait exister, a le don de les mettre hors d’eux-mêmes. Et la réplique mièvre attirera l’attention sur les «méfaits » de Noël : les suicides, les athées (et les diètes) bafoués dans leurs droits inaliénables et les psychoses utopistes d’un Kris Kringle. Noël est dangereux, non ?!

Mais, revenons aux moins de 40 ans au Québec. Ils voient leurs parents, les ainés en général et la société, voire le monde parce qu’ils vivent à l’heure planétaire, vivre presque un mois de délire collectif croissant. On se prépare, on pense aux cadeaux des petits, au réveillon et autres parties de bureaux (qui sont constamment menacés de censure …), comme si c’était évident. C’est Noël. Mais voilà, pour les moins de 40 ans, rien n’est évident et l’engouement même sur Internet pour cette étrange période ne peut être que suspect ou incohérent. Ils ont raison.

En effet, si on essaie d’objectiver un brin et surtout de se mettre dans leurs souliers, cet émoi, cette quasi transe collective devraient avoir un motif explicite, une cause. Or, cette cause est éludée, niée pratiquement. On reconnaitra l’aspect traditionnel, même enchanteur de Noël. Mais d’où vient cette tradition ? De quoi est-elle née ? On admettra le côté plaisant, romanesque, « féérique » du concept ou même de l’esprit qui anime (spontanément semble-t-il) cette période. Mais d’où vient le charme, l’envoutement ? Qui a jeté un sort à l’occident pour que les fêtes du solstice d’hiver, ancestrales, lugubres et peu rassurantes, se transforment en moment angélique où chaque flocon qui tombe semble porter une bénédiction, un don venant du ciel.

J’étais hier soir assis dans une église (ça existe encore) avec plusieurs centaines de personnes qui avaient payé une somme appréciable pour entendre un de ces typiques concerts de Noël. Un chœur mixte, un ténor, un soprano, des alti, des basses et un organiste et pianiste tout à fait respectable. Des arrangements de Raymond Daveluy (maître d’orgue de l’Oratoire, célébré et reconnu), une exécution soignée, et j’oserais dire bien sentie. Sur la scène, en large majorité, des baby-boomers, têtes blanches (les Classels seraient fiers), dignes représentants de cette génération qui a envoyé paître le clergé et ses exigences. Pourtant les voilà, les yeux humides, les voix vibrantes, le corps tonnant un «Minuit Chrétien » digne des meilleures messes de minuit de nos mythiques campagnes enneigées. On se cherche une identité collective depuis un sapré bail, mais là, justement, il me semblait y avoir une évidence. Étrange évidence. « Peuple à genoux ! Voici ta délivrance ! »

Noël. Noël.

On n’aura qu’à se rappeler que nous sommes en 2014 pour qu’un drôle de sentiment nous traverse. 2014 ans après quoi ?

J’ai titré « Incroyable Noël! ». C’aurait pu être "indéracinable Noël", ou "indestructible Noël" ou inétouffable Noël. Bref, pour plusieurs qui se plaisent à penser qu’ils mènent la barque, "foutu Noël"! Un problème.

Oui, un problème.

Car, ces jeunes de moins de 40 ans, malgré les efforts colossaux investis pour déchristianiser le Québec depuis 2 siècles, malgré le triomphalisme affiché devant les transformations sociales des 40 dernières années, malgré cette prétention suffisante que nous vivrions (enfin) un «temps nouveau», délivré des influences passées (chrétiennes s’entend, car bien d’autres vieilles affaires et concepts archaïques ressurgissent étrangement), ils n’ont qu’un pas mental à faire pour découvrir la source de ce Noël qui persiste et signe.

Rien à faire. Noël « toffe la run ».

Une athée me confiait un jour : « Personne ne pourra jamais arrêter le christianisme, parce que c’est un message qui se transmet par la parole, essentiellement. On ne peut pas empêcher les gens de parler …. »

Sage analyse.

On voudra me dire que c’est la même chose pour toute religion, philosophie ou idéologie. Je ne crois pas. Car, quand ce message touche un individu, quelque chose en lui s’anime, qui ne peut s’animer par l’action de tout autre message. C’est pourtant vrai. Chaque être humain est « amorcé » pour recevoir l’Évangile du Christ qui vient sauver l’humanité. Dès que le message est prêché, correctement et simplement, sans artifice, fraude ou motif égoïste, il touche et transforme. Essayez de lutter contre cela.

Paul (le Saint Paul des Actes des Apôtres) disait de l’Évangile qu’il constitue une « puissance ». À voir le monde en 2014, on pourrait le croire. Malgré toutes les atrocités, dont certaines commises diaboliquement au nom de l’Évangile mais en contradiction directe de son message, le monde porte la marque de la venue de Jésus, dit le Christ. Si on veut bien le voir, et comme le champ de la parabole, contenant en même temps l’ivraie et le bon grain, tel que prédit. Étrangement.

Et justement, cette corruption de l’Évangile, en opposition à son enseignement explicite (et contrairement aux fruits de d’autres idéologies et religions dont les enseignements de base appellent à la discrimination, l’exploitation et la violence pure et simple …!), est souvent menée par des opposants fanatiques de celui-ci. Stratégie hypocrite et sournoise, on sème l’ivraie au travers du bon grain et on accuse le bon grain … Malgré cela, « les portes de l’enfer » ne prévalent pas, et l’Évangile progresse, et abat, avec le temps, tous les obstacles sur son passage, malgré la souffrance et la persécution, ouverte ou cachée. Tel que prévu, encore une fois.

Non. Je dois l’admettre, et ça choquera, le score final est déjà connu et officiel : Christ est vainqueur ! Dieu ne pouvait qu’avoir le dernier mot. Et personne n’aura la moindre excuse, en toute justice.

Alors, que ceux qui veulent aller cracher sur la tombe du christianisme ou danser dessus profitent de ce temps où il est encore possible de se faire croire que l’Évangile a été battu et détruit. Ces illusions vont s’estomper et rien ne peut changer la réalité.

Ce monde, l’humanité, a ÉTÉ délivré. À chacun maintenant de choisir : entrer dans le salut de Dieu où demeurer dans les ténèbres et, surtout dans le désespoir ?

Car Noël, c’est ce cadeau qui vous appartient déjà mais que vous devez décider d’ouvrir ou de laisser là.

Que choisirez-vous ?

Croirez-vous à Noël ?





















jeudi 4 décembre 2014

“Never let a good crisis go to waste” Rahm Emanuel


2014-12-04

Il y a beaucoup de souffrance dans ce monde. Une grande partie est causée par des actes humains, parfois pleinement volontaire, parfois sous une influence intérieure ou extérieure, parfois par pure maladresse, ignorance. Il n’en demeure que l’homme est le plus grand ennemi de l’homme. Pas la nature, pas les animaux dangereux, statistiquement, l’homme est le danger le plus menaçant durant les quelques 80 années de votre espérance de vie. Il faut quand même mentionner que si on considère une période plus longue (100 ans, 1000 ans, l’éternité …), là, la maladie et la mort sous toutes ses formes vont se manifester. Fait incontestable, questionnant, étrange et transcendant. Mais, hormis ce contexte de la maladie et de la mort à moyen ou long terme, l’humain est la pire menace dans le présent usuel.

Au Québec, il y a l’État de Droit. Rien n’est parfait, mais à 3hrs du matin, il y a très peu d’endroit sur tout notre territoire où vous puissiez être confronté à une menace probable et sérieuse. Il y a toujours un risque, mais reconnaissons qu’il est mineur, à l’échelle d’un individu. Cependant, à l’échelle des 8 millions d’habitants actuels du Québec et sur une période d’une année, il y aura des centaines, des milliers d’incidents malheureux, des milliers d’hommes et de femmes qui vont souffrir ou mourir.

Cet état de chose alimente une machine. La machine à produire des perceptions. Je dis la machine, mais en fait elle est constituée de plusieurs appareils ayant une certaine indépendance l’un vis-à-vis de l’autre. Parmi ces appareils il y a tout au centre les média, puis en périphérie les sphères de la connaissance (quasi gnose …) usuelle : éducation, université et autres institution du savoir, politique et activisme idéologique (dont les syndicats) et finalement l’appareil culturel (littérature, cinéma, musique, théâtre, …).

Je dis que cet état de chose alimente une machine parce qu’il peut être et est présenté comme une série de « crises ». Drame familial, polémiques, agressions armées, guerres, terrorismes, guérillas, accidents meurtriers, une suite traumatique de scènes d’un étrange téléroman, découpée serrée à la façon de ces films d’actions d’Hollywood qui ont fait école finalement. Nous entrons dans l’écran du cinéma pour participer au scénario de l’aventure, avec ses bons, ses méchants, ses héros et leur voyage initiatique, ses rédemptions et ses jugements. Cette « émission » devient un lieu que nous habitons et dont il ne faudrait jamais sortir. Un lieu de débat, de tension et de défis qu’on voudrait voir devenir l’essence même du parcours de notre vie (« the journey ») : comment réagirons-nous ? Serons-nous du bon coté de l’histoire ? Ce lieu, il nous entoure et nous avale, que nous soyons en train de déjeuner au resto en attendant un client, où au souper à la maison, en train de prendre une bière avec le voisin en refaisant son patio, dans notre esprit, nous sommes continuellement « branché ». Branché à la machine.

La machine nous alimente en nous « reformatant » l’actualité (la part du réel qu’elle veut rendre perceptible, effaçant du même coup de notre conscient tout ce qu’elle occulte et ne retransmet pas …) et en nous l’administrant à dose savamment définie, dans la parfaite confiance que notre « éducation » et notre « culture » provoquera en nous les effets escomptés. Nous sommes des animaux dressés, des chiens de Pavlov, qu’on fait saliver, brailler, jouir ou se révolter à demande. Si c’est voulu, ce pourrait être bien utile du moins à certains. Mais passons.

« Péladeau est, en effet, le principal responsable, avec la télévision bien sûr, des pressions exercées sur tout notre journalisme pour qu’il descende plus bas et toujours plus bas. Alors que les penseurs s’efforcent, par leurs travaux et leurs essais, de découvrir le sens des choses, le journalisme que pratique Péladeau abouti, au contraire, à évacuer toutes les questions qui porteraient sur la signification des événements. L’évènement selon Péladeau, c’est l’évènement sans logique, celui qui surgit capricieusement et contre lequel on ne saurait se prémunir, celui qui ne découle ni du mérite ni de l’erreur, celui qui n’a pas eu de préparation dans le journal de la veille et qui n’aura pas de suite dans le journal du lendemain. … Péladeau n’a pas inventé ce découpage du réel en tranches minces. Ce qu’on appelle le roman américain amène, en effet, l’évènement à se constituer en personnage essentiel. …Ce qui importe, c’est le fait. Que ce fait soit un accident de la circulation, le passage du « preacher », le viol de la fille de ferme, peu importe. … Il en résulte une atmosphère souvent étouffante, un climat d’écrasante fatalité.»
Laurent Laplante, Le vingt-quatre octobre, 1988

Voilà qui pourrait faire sourciller le bandwagon de PKP, mais étant donné mon « tirage », je doute causer le moindre émoi. La citation de Laplante parle bien sûr de Péladeau père, le fondateur de Québécor, pas de Pierre-Karl, mais le moins qu’on puisse dire c’est que le ton du « Journal de Montréal » et de ses co-média n’a pas vraiment changé. Le commentaire me semble pertinent. PKP, « le candidat de la machine », ça risquerait de troubler les eaux. Enfin.

Mais je m’égare. Mon propos, c’est d’attirer l’attention sur un mécanisme qui fait qu’on peut pratiquement créer des crises sur mesures, en les construisant avec des éléments du réel (faits) comme on ferait avec des blocs LEGO. Une crise bien constituée, bien située (les éléments du débat ayant été limités et contrôlés dès le départ), peut devenir un véhicule pour produire et/ou alimenter une « action collective ». La politique peut la récupérer et en faire le moteur de sa prochaine campagne. Si le moteur s’envole en fumée 3 mois après les élections, ça n’a pas d’importance. Si les acteurs de la crise, ennemis circonstanciels, deviennent par la suite des alliés militants, le seul problème est de trouver l’excuse, le prétexte, l’explication qui permettra de faire avaler le chameau au public.

La cible de ces « actions collectives » n’est peut-être pas présentée explicitement dans la définition (perception) de la crise construite, mais elle est la raison principale de l’investissement. Parfois, identifier clairement la cible d’une mécanique peut être contreproductif, du point de vue de ceux qui la manipule. Ça pourrait désamorcer le processus. Tout va bien tant que ça bouge dans la bonne direction, et c'est encore mieux si la populace ne saisit pas complètement (ou pas du tout) quelle est vraiment cette direction.

Des exemples ?

Hum ! Ça m’étonnerait qu’il n’y en ait pas déjà qui se manifestent dans votre esprit. Le printemps érable et les casseroles. Où sont les principaux protagonistes, dont 2 ont changé de camp de façon fort maladroite mais sans trop de dégât. Vous souvenez-vous du gouvernement de coalition qui voulait renverser les règles parlementaires et le gouvernement minoritaire de Harper ? Il n’y a pas si longtemps, on voulait renverser le gouvernement (majoritaire) de Harper pour avoir enfreint des règles parlementaires. Ceux qui portaient l’accusation étaient ceux qui étaient prêt à bafouer les mêmes règles ouvertement peu avant. Mon point : la crise n’a pas d’importance réelle et les motifs invoqués ne sont pas les vraies cibles de l’action.

Dernièrement, un blogger (humoriste auto-proclamé) a émis des propos peu raffinés sur sa perception d’un « personnalité » féminine. Cette dernière, bénéficiant des bonnes dispositions de la puissante secte TLMEPiste, a pu s’auto-victimiser (et se donner de l’importance, puisque plusieurs ignorait qui elle était) à la grand messe dominicale. L’erreur, je pense, a été de trop en mettre. Actrice et épouse d’acteur à succès ($), elle réclamait des « dommages exemplaires » de 300 000$ au blogger fauché parce qu’il avait eu la maladresse de la placer dans sa liste de phantasme sexuel. L’argent devait être donné pour des organismes (lesquels) luttant contre la violence faite aux femmes.

D’abord, il me semble que les phantasmes sexuels (violents, déshinibés) ont la côte, surtout dans ce milieu. Ils foisonnent dans le cinéma et la littérature intello à la mode (scènes de viols de mineurs qui durent 15 minutes) et on se fait classer comme un marginal paumé (et suspect) si on n’embarque pas religieusement dans la promotion de ce type « d’expression culturelle ». Mais voilà, le blogger y ajoutait une couleur qui mettait l’artiste en question sous accusation d’incohérence, voire d’hypocrisie. Ça s’est réglé, semble-t-il, par une humiliation publique (devinez où), avec période de rééducation forcée, étant donné que le gars ne pouvait pas verser 300 000$, jamais.

On nous en informe le jour (et pas trop loin dans les titres) où on « célèbre » l’anniversaire du « massacre de Polytechnique » par Marc Lépine. La cible du processus est-elle vraiment la protection des femmes ? Où est-ce plutôt … l’humiliation des hommes, dans la pure tradition féministe du « tout est la faute de l’homme, l’homme est l’ennemi, l’homme doit être subjugué, enchaîné, mis au pas, … domestiqué ».

Ce qui peut être intéressant ici, c’est que ma dernière phrase, ce questionnement, ne passerait jamais à travers les modérateurs de commentaires sur aucun des grands média du Québec. Tabou ! Pourtant, ce n’est qu’une question. Et dans le fond, la vraie question est : se pourrait-il qu’un évènement (dramatique) soit présenté d’une façon incomplète et manipulé sciemment, sans scrupules, pour d’autres fins ?

Je vais vous choquer encore plus.

Le motif par lequel on provoque ici (drame de Polytechnique) la réaction du public est la « violence faite aux femmes ». Il s’agit d’une réalité, inadmissible à mon sens, contre laquelle il est tout à fait légitime de prendre action. Soit. Mais, dans le cas de Polytechnique, il y a d’autres aspects évidents si on s’est renseigné un peu sur le cas de Marc Lépine : difficulté d’intégration de membres de d’autres cultures (le cas récent de Michael Zehaf-Bibeau peut être évoqué), en particulier de l’influence de l’Islam (Zehaf-Bibeau aussi), la question du décrochage scolaire et d’un environnement (au secondaire surtout) qui favoriserait les filles, la question des programmes et des règles qui favorisent certains groupes sociaux et les femmes, la question du chômage chez les jeunes et des opportunités de réussites (plus réduites désormais) pour les jeunes hommes dans la société actuelle, la question de l’émancipation féminine (est-ce que tous ses objectifs sont atteints, étaient-ils légitimes, les femmes elles-mêmes peuvent-elles les réévaluer sans qu’on crie à la régression sociale, etc. « Au-delà du 6 décembre » de Catherine Fol avait suscité une véritable folie inquisitrice de la part des puissances féministes. On hurlait à la trahison (et à la punition exemplaire, comme celle du Blogger grivois), on demandait à ces jeunes femmes de cesser de questionner l’encyclique officielle et les dogmes émis par l'establishment féministe quant à la perception à avoir de cet évènement. Pourquoi ?

Moi je dis, Polytechnique était devenu une crise manipulée et une des victimes réelles refusait de jouer le jeu. Alors, sa souffrance (vraie), on s’en balançait, il fallait atteindre la cible, culpabiliser les hommes et faire des gains sociaux, au prix du sang de 14 jeunes femmes et des souffrances des survivantes. Voilà ce qu’est une crise manipulée.

Quant au motif, la « violence faite aux femmes », il est bien sûr mobilisateur, à juste titre. Mais que diriez-vous de vous mobiliser autour de la « violence faite par les femmes » ("souffrance causée par les femmes") ?

Là, avouez, vous êtes prêts à m'envoyer au bucher. Je vais trop loin. Vraiment ?

Et d’ailleurs, est-ce que ça existe ? De quoi est-ce que je parle ?

Vous êtes furieux parce que vous savez où je m’en vais.

Le féminisme fait la promotion d’un accès sans aucune restrictions à l’avortement. Or, de plus en plus de gens (et de jeunes), et c’est logique et irrémédiable selon moi, questionnent l’avortement tardif. Tout simplement parce qu’on SAIT que l’enfant (oui, l’enfant) qu’on tue souffre. Je ne saurais parler de l’avortement précoce, à un moment où je ne sais pas ce qu’il en est du système nerveux de l’enfant, de son état de conscience, de son être. Peut-être quelqu’un pourrait me renseigner là-dessus. Où en sont les connaissances ? Mais pour ce qui est d’un bébé de 6, 7, 8 ou 9 mois, pour avoir eu un enfant prématuré et l’avoir tenu dans mes bras (après qu’il ait lutté pour sa vie pendant des heures durant un accouchement extrêmement difficile), je ne peux plus croire qu’il s’agit d’un morceau de viande ou même d’une partie du « corps de la mère ». Je suis parfaitement d’accord pour que les femmes aient autorité entière et incontestable sur leur corps et leur capacité reproductive. Mais, ce bébé dans leur ventre, ce n’est pas leur corps, c’est déjà celui d’un autre.

Donc, des femmes, les féministes extrémistes (enragées et insatiables), tiennent un discours violent, intolérant et, à mon sens, cruel. Rien ne les fait se remettre en question. Rien ne les atteint. Il n’y a pas encore assez de cadavres d’enfants avortés pour que leur conscience en soit le moindrement émue.

Alors, les propos de ce Blogger maladroit constituent un fait, questionnable, et on en a fait une crise utile. Mais l’agonie et la mort, à une cadence industrielle, de tous ces petits êtres, bien qu’elles constituent des fait, horribles et terrifiants, ne constituent pas une crise. Ils souffrent et meurent en silence, sans affecter d’un atome le mur stupéfiant de notre indifférence.

S’il faut qu’il y ait un Dieu, qui ne lit pas ce que PKP nous cuisine, où voit-il la crise ? Comment réagira-t-il ?

Si ça ne provoque pas une crise existentielle en nous, que notre cœur est dur !

« Il n’y a point de juste, Pas même un seul ;Nul n’est intelligent, Nul ne cherche Dieu ; Tous sont égarés, tous sont pervertis ; (3-12) Il n’en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul ; Leur gosier est un sépulcre ouvert ; Ils se servent de leurs langues pour tromper ; Ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic ; Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume ; Ils ont les pieds légers pour répandre le sang ; La destruction et le malheur sont sur leur route ;Ils ne connaissent pas le chemin de la paix ;La crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux. »
Romains 3 :10-18










vendredi 28 novembre 2014

Second Regard – Entrevue avec le Père Benoit Lacroix, centenaire

Alain Crevier, c’est tout un numéro. Ce gars là est un fondamentaliste qui s’ignore. Intransigeant et totalitaire dans sa pensée relativiste absolue (ce que je me marre …!), tout ce qui affronte ses convictions profondes est attaqué sans merci. C’est un croisé fanatique de la mise à mort du christianisme, du moins d’un certain christianisme tel qu’il le conçoit. Ce christianisme doit disparaître et il fera tout, même être diplomate, modéré et patient, pour qu’il s’écroule dans un bruit de fracas.

Alain Crevier hait, d’abord, et c’est ce qui le motive.

Pourtant, parfois, il hésite, cherche. Il se demande, je pense, ce qui pourra remplacer l’objet de sa hargne. Que faire lorsque sa Némésis agonise ? Mais voilà, alors que tout semble montrer qu’on en a fini à tout jamais avec le Jésus de l’Évangile, avec les parfums d’encens et les soutanes, on trouve toujours un ilot de résistance qu’on se presse de détruire pour trouver qu’il n’est qu’un avant poste de quelque chose de plus gros que prévu qui a la fort mauvaise habitude de persister. Jusques à quand ? C’est à désespérer.

Alors, ses paroles sont plus marquées, plus appuyées. Il insiste : « Vous ne voulez quand même pas dire que …! ». Il tape du pied : « Admettez que c’est fini! Admettez que le christianisme a rendu son dernier souffle ! »

Le pape François. Ce qu’il en retiendra, comme toute la clique de la SRC, c’est qu’il a presque dit que l’homosexualité, c’est cool, que la famille ne sera jamais plus (jamais, jamais) ce qu’elle a été (pendant au moins 6 millénaires …). Il retiendra l’amour, celui qui va toujours dire que c’est correct, que tout est beau, que tout le monde est fin et surtout que la croix de Jésus ne servait à rien dans le fond. Voilà. Détruire l’œuvre, unique solution, irremplaçable et nécessaire, du Christ par sa croix. La rayer de la conscience collective, la rendre caduque.

Il aura beau avoir toute la furie d’un croisé, il n’est pas de taille, il ne suscite même pas une ondulation sur l’océan du plan de Dieu. Il le sait, mais il ne veut pas le savoir.

Pourquoi parler de Benoit Lacroix ?

Parce que ça permet de montrer un catholicisme quasi-repentant, loin des certitudes, ouvert à n’importe quoi pourvu qu’on puisse lui coller l’épithète « amour ». Un amour fourre-tout, relativement confortable, qui contredit en fait le fondement du christianisme, la croix de Christ, seul chemin, seule Vérité, seule solution.

C’était plus dérangeant avec Frédéric Lenoir. Ce philosophe à la mode allait jusqu’à prétendre que le christianisme est le fondement réel de la pensée démocratique moderne (celle qui contrairement aux grecs admet que tout homme et toute femme a droit de parole et de vote en collectivité et le droit et la responsabilité de gérer sa propre vie), encore plus que Les Lumières à la réputation surfaite. Sans Jésus, tous les totalitarismes sont possibles et se manifestent. Avec Lui, une collectivité se transforme, une personne à la fois. Rien n’affecte positivement l’homme autant que l’Évangile, et pourtant l’ivraie poussera à travers le bon grain. Mais, pensez, un Jésus pertinent, branché sur le réel contemporain, c’est extrêmement dangereux. Car on pourrait avoir la tentation de lire ce qu’Il a enseigné et surtout ce qu’Il a dit de lui-même. Et c’est là que tout déraille, du moins pour Alain Crevier. Jésus se présente comme seul Sauveur, seule Porte, seule Parole, seul Chemin, seule Vérité.

Intolérable.

Voilà donc pourquoi Alain Crevier est d’abord, avant tout, intolérant.

Bienvenue à Second Regard, l’émission où on vous conduit, de gré ou de force, loin du Salut en Jésus.

mercredi 12 novembre 2014

 Michel Patoine, valoriste


http://www.lapresse.ca/videos/actualites/201410/30/46-1-quand-les-bouteilles-te-sortent-de-la-rue.php/3591f27c32674393bcd7407ba9f5ecbc

Des coupures partout, 13$ pour 8hrs de travail, l’aspect écologique, « mendier est bon pour l’âme », vaincre ma timidité

Got the point ?

Voilà le thermomètre. Voilà ce qui permet à un gouvernement de dire qu’il a fait son travail et utilisé les sommes (faramineuses) que nous lui versons annuellement de façon utile, juste raisonnable. Voilà ce qui permet de dire qu’une société progresse, pour le vrai.

Je veux dire, le jour où Michel Patoine obtient un salaire décent et des outils de travail adéquat, les québécois ont gagné la partie. Tant qu’il se balade avec un vieux « bycik » à ramasser dans la quasi-clandestinité (et l’indifférence manifeste) nos « erreurs » derrière nous, s’interrogeant sur sa place parmi nous, ne réclamant pas vraiment sa part (LÉGITIME) des bénéfices orgiaques produits par notre société, nous sommes des nuls. Des épais. Des moins que rien.

Capisce !

C’est un prophète. Chacun de ses pas dans la nuit nous accuse. Avec raison.

Il pense qu’il a un problème, il se cherche. Honte sur nous. C’est nous le problème. Et merci à Audrey Ruel-Manseau et Bénédicte Millaud pour leur intégrité, leur sens de la justice et de la responsabilité journalistique.

Pourquoi Michel est-il si important ?

Premièrement, nous vivons dans une société/territoire où on n’a qu’à faire des maths simples pour réaliser que collectivement nous avons largement les moyens pour que tout le monde vive plus que décemment en assumant sa part équitable (et adaptée aux capacités de l’individu) de la charge collective de travail RÉÉL pour faire rouler notre machine. Pour y arriver, d’une part, il faudrait faire un examen « juste un peu raisonnable » de nos façons de faire afin d’éliminer les « fausses jobs », qui sont du BS de luxe déguisé, les « fausses exigences », qui nous font pelleter des nuages et faire la danse de Saint-Guy comme des cons, et les « fausses légitimités » qui permettent à des profiteurs (parfois inconscients de leur responsabilité dans l’exploitation des masses) d’encaisser une part du magot qui est en fait … du vol. Aussi, juste remettre en question certaines pratiques vues comme nécessaires et pertinentes alors qu’elles sont inutiles et taxantes. Un grand ménage fonctionnel, en somme, que nous devons faire au nom de la (vraie) justice sociale.

Deuxièmement, et là je suis dangereux, il faut comprendre que la vraie économie n’a rien à voir avec l’argent (monnaie) et la valeur qu’on lui accorde (béatement). Mon point c’est que si demain matin le TSX ou le Dow Jones s’écroulent ou qu’une bulle immobilière ou techno éclate (pour prendre le jargon des économistes), ça ne dérange rien ni personne en réalité. Le problème c’est qu’on accepte de paniquer, essentiellement. Alors, on augmente nos prix, on coupe notre personnel, les banques rappellent les marges de crédits et les prêts, les entreprises déclarent faillite, et du fait du manque de liquidité, les commerces deviennent déserts pendant que les garde-manger sont vides et qu’on vous coupe le chauffage. Crise financière. Alors je dis, au diable la finance, je me fous de leur états d’âme !!

Comment puis-je dire une telle chose ?

Pensez-y bien. Si une telle crise survient et qu’Hydro (qui est censé vous appartenir …) vous coupe le chauffage, est-ce que leurs barrages et leur réseau a soudainement perdu la capacité de desservir votre demeure? Si votre garde-manger se vide, est-ce que les boulangeries du pays ont été détruites, leur équipement est-il en panne ou disparu, le blé arrête-t-il de pousser dans les champs où a-t-il disparu des silos du Port de Montréal ou de Thunder Bay ? Tout est là, il ne manque que « l’argent » (un chiffre dans un ficher d’ordinateur pour 85% de la masse monétaire) pour alimenter les chaines de production, supporter les frais de fonctionnement, car les infrastructures et la capacité de production (VOUS!) demeurent. Comment peut-on étouffer aussi facilement notre machine sociale, la priver de l’air nécessaire à son fonctionnement ? Tout simplement en fermant les robinets des liquidités monétaires et en dévalorisant (arbitrairement) la valeur du capital, des garanties. Ce jeu est vieux comme le monde. Étudiez l’histoire de la Gaspésie, c’est « illuminant » pour le moins (les Robin et Lebouthillier).

Autrement dit, si au lendemain de la « proclamation d’une crise financière » tout le monde se levait le matin et fournissait le même travail en sachant qu’il obtiendra/conservera les nécessité premières (domicile et nourriture), la crise n’existerait tout simplement pas. Et je peux vous assurer que notre société a les moyens techniques (les seuls qui comptent) pour fournir les nécessités premières à tous les québécois. Rien n’empêche dans les faits d’ignorer une crise financière … !

Là où ca va ruer dans les brancards c’est dans les bureaux de la finance. Vous savez ces gens qui monnayent VOTRE CAPACITÉ DE TRAVAIL et VOS INFRASTRUCTURES de production pour en faire un profit, absolument théorique et arbitraire. C’est la danse de la pluie réhabilité. On transige en invoquant les dieux de la finance, en leur versant des holocaustes et en espérant obtenir leur faveur. Quelle idiotie ! Que nous sommes cons !  À ce sujet lire


Pendant ce temps là, Michel Patoine ne se comprends pas, il erre parce qu’il a la forte impression (c’est ce qu’on lui communique collectivement) qu’il ne comprend pas le monde et qu’il ne s’y adapte pas. La vérité, c’est qu’il a raison : ce monde est incompréhensible, absurde et scandaleux. Il ne comprend pas parce qu’il n’y a rien à comprendre, nous sommes idiots. Mais nous passons dans nos BMW en lui disant du regard qu’il n’est qu’un raté qu’on tolère. Nous sommes fous. Nous sommes coupables.

Que puis-je souhaiter à Michel ? Que puis-je nous souhaiter ?

Je souhaite que nous sortions de notre psychose collective et que nous prenions la réalité à bras le corps, résolument, pour le simple amour du bon sens.